Le contexte du projet

Un projet dont la réalisation est conditionnelle

 

La réalisation du projet SIRIUS est conditionnée à l’obtention d’un schéma de rémunération adapté, garantissant un équilibre économique satisfaisant permettant de couvrir les investissements, les coûts d’exploitation et les risques associés. Sans ce financement, le projet ne pourra pas être engagé. 

Or comme un projet thermique d’extrême pointe ne fonctionne qu’un nombre réduit d’heures, sa rémunération sur les marchés de l’énergie est très limitée ; sa valeur est avant tout « assurantielle » pour le système électrique. Elle renvoie donc essentiellement au dispositif mis en place par les pouvoirs publics pour rémunérer la disponibilité des moyens nécessaires pour assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité de la France : le mécanisme de capacité.

 

Le mécanisme de capacité : un dispositif concurrentiel encadré par les pouvoirs publics, visant à garantir la sécurité d’approvisionnement électrique

Pour garantir la sécurité d'approvisionnement électrique, la France a mis en place en 2017 un mécanisme de capacité encadré par les pouvoirs publics et placé sous l’égide de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). 

Le mécanisme de capacité est un dispositif destiné à garantir le bon dimensionnement du mix électrique de la France - avec des moyens de production d’électricité (d’origine nucléaire, hydraulique, thermique, éolienne, photovoltaïque…), des moyens de stockage d’énergie (batteries, STEP hydraulique [1]) et des moyens d’effacements [2] - afin de disposer de suffisamment de moyens électriques disponibles lors des périodes de forte demande électrique, principalement en hiver. 

 

Au travers de ce dispositif, les producteurs d’électricité sont rémunérés en échange de la disponibilité de leurs moyens de production, pour les encourager à les maintenir en quantité suffisante voire à en construire de nouveaux si nécessaire. 

La sélection des moyens nécessaires au système électrique est réalisée au travers d’une mise en concurrence via des enchères.

Une enchère est organisée 4 ans avant l’année pour laquelle le moyen doit être disponible. L’enchère détermine la rémunération que percevront les exploitants des moyens retenus pour garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité l’année considérée.

EDF prévoit de proposer le projet SIRIUS à l’enchère de fin 2027 pour une mise en service envisagée pour l’hiver 2031/2032.

La réalisation du projet SIRIUS est donc conditionnée au résultat de cette enchère, qui permettra à EDF de le financer. 

 

[1] Une station de transfert d'énergie par pompage ou STEP fonctionne sur une double retenue d'eau : l'eau du bassin supérieur situé en amont est turbinée aux heures de très forte consommation puis recueillie dans une retenue en aval. La retenue supérieure constitue donc une retenue d'énergie. La puissance de la centrale dépend de la hauteur de la chute d'eau entre les deux bassins et de son débit. [Source]

[2] Les effacements désignent un mécanisme visant à réduire volontairement la consommation électrique de certains sites (industriels, tertiaires, résidentiels) en période de pointe en échange d'une rémunération ou d'une incitation.

 

Pour en savoir plus, consultez la fiche dédiée au mécanisme de capacité

 

Un projet innovant qui contribuerait aux objectifs de décarbonation de la France

 

Les moyens existants de production d’électricité d’extrême pointe fonctionnent à partir d’énergies fossiles : le fioul domestique, ou le gaz naturel. Aujourd’hui, le développement de telles technologies reposant sur les énergies fossiles n’est plus autorisé par la réglementation et ne correspond pas non plus à la raison d’être d’EDF : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. 

Le projet SIRIUS propose une alternative bas-carbone et renouvelable avec l’utilisation d’un bioliquide HVO (Hydrotreated Vegetable Oil ou huile végétale hydrotraitée). Ce bioliquide est produit à partir de biomasses durables comme des huiles de cuisson usagées, des graisses animales ou encore des huiles végétales non alimentaires. 

Il a pour avantage d’avoir des caractéristiques similaires au fioul domestique et d’être très stable dans le temps, ce qui le rend adapté à un stockage prolongé. 

Le HVO utilisé serait certifié conforme à la Directive européenne sur les Énergies Renouvelables (Directive RED). Par rapport à une centrale similaire alimentée au fioul domestique, l'utilisation du HVO permettrait de réduire d'environ 80 % les émissions de CO₂ sur l'ensemble du cycle de vie de l'installation, c’est-à-dire de la construction puis l’exploitation jusqu’à la fin de vie de l’équipement (démantèlement). 

La centrale SIRIUS serait la première centrale thermique de cette puissance en Europe continentale alimentée en HVO.

 

Pourquoi le site EDF de Champagne-sur-Oise ?

 

Le projet SIRIUS serait situé très majoritairement sur la commune de Champagne-sur-Oise et en partie sur la commune de Persan.

 

Le site EDF de Champagne-sur-Oise a accueilli jusqu’en 2005 une centrale thermique alimentée au charbon. Elle a été déconstruite en 2017. Des travaux de démantèlement sont encore en cours. Leur finalisation est prévue fin 2027. Le site présente un ensemble de caractéristiques techniques, environnementales et territoriales qui en font un site stratégique pour l’entreprise et un emplacement particulièrement bien adapté pour le projet SIRIUS, notamment sa facilité d’accès, l’existence d’un appontement, son caractère artificialisé, sa grande surface foncière disponible, la présence du réseau de transport d’électricité sur le site.  

 

Le projet SIRIUS marquerait une nouvelle étape dans l’histoire industrielle du site. La volonté d’EDF est de faire de ce projet énergétique un levier pour le développement local, dans un esprit de cohérence entre son utilité nationale, l’histoire industrielle du site et les dynamiques territoriales existantes.